FEMME
Robuste et fragile, femme aux mille visages,
Toi, femme solitude et femme multitude,
Princesse magique du cycle des marées,
Présence ou absence, légende ou vérité
Tu es le voilier frêle, enfant d'incertitude,
Aux caprices du vent, livré à cent orages !
Souple et très agile, femme, feuille d'automne,
Que l'on marie au vent, qui lentement la berce,
L'entraînant dans ces bras divins et invisibles,
Tourbillonnant dans l'air, vraie valse irrésistible,
Tu es insaisissable et en nous tu exerces
Un attrait merveilleux qui souvent nous étonne !
Volatile, impalpable, étonnante et sacrée,
Reflet des multiples miroirs de toute vie,
Fil d'Ariane et d'argent que l'on croit bien saisir
Et qui se fond dans les ténèbres du désir;
Tu es cette pensée, orientale, établie
De l'incompréhension que l'on voudrait percer...
Toi, femme, arbre de vie, tu plonges tes racines
Dans cette humanité; Etrange et beau tableau;
Comme la terre, en plus, tu ouvres tes entrailles
En de tendres sanglots, en d'ultimes batailles,
D'où jaillissent parfois, aussi nombreux que beaux
Tes enfants de l'amour qu'en ton sein tu dessines...
Toi femme d'Occident, ou toi femme d'Orient,
Sous ton grand voile blanc, tremblante, immaculée,
Comme un disque d'argent, tu es belle et vibrante
À la fois serpentine et sirène chantante,
Te déplaçant dans l'air, de mille pas légers;
Un spectacle de rêve, un spectacle d'enfant.
Toi la femme Diva, toi, la Divine reine,
Tu charmes l'oreille de ta voix cristalline,
Tes cris percent la nuit, étonnante complainte;
Tu retiens tes soupirs, tu écrases tes plaintes
Malgré tous les ragots qui parfois t'assassinent,
Tu resteras toujours, la femme souveraine !!!
© Serge LAINÉ